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25 Février 2013
CHOPLIN, Antoine – La nuit tombée –
édition la Fosse aux ours - 121 p - 16€
Auteur du Héron de Guernica nominé en 2011 pour le prix CBPT, Antoine Choplin est récompensé par le Prix France Télévision en 2012.
Gouri quitte Kiev sur sa moto à laquelle il a accroché une remorque. Il se dirige vers le nord, vers Tchernobyl. Plus il avance et plus les villages sont dépeuplés. Ce soir il va s’arrêter à Chevtchenko chez Véra et Iacov. Iacov est malade, son corps n’a pas résisté aux radiations. Sur place, Gouri va rencontrer d’autres hommes qui ont comme lui participé au nettoyage de la zone, qui ont « enterré la terre » sans précautions particulières et sont revenus dans leur maison située en dehors de la partie contaminée, mais pourtant pas si éloignée que ça.
Gouri habitait Pripiat, il a déménagé à Kiev avec sa femme Téréza et leur fille Ksénia. L’état lui a fourni un emploi d’écrivain public, à lui le poète rescapé. Mais Ksénia est malade et il a décidé qu’il devait retourner dans son ancien appartement pour ramener la porte de la chambre de Ksénia. L’idée peut sembler folle, pourtant cette porte est très importante pour Gouri. Sur elle, il y a la progression de la taille de Ksénia au fil des anniversaires, des poèmes et des dessins ; et puis, quand le père de Gouri est mort la porte revêtue d’un drap a servi de civière pour le transporter une dernière fois dans le parc où il aimait tant rêver en contemplant la nature. La nuit tombée, car c’est la nuit seulement qu’on peut frauduleusement passer dans la zone, après le souper, Gouri est prêt à partir pour Pripiat. Kouzma, un ami de Iacov, se propose pour l’accompagner. Il connait les passages pour entrer dans la zone sans se faire arrêter par la sécurité
Au retour, Gouri s’arrêtera à nouveau à Chevtchenko. Il a promis à Iacov de l’aider à écrire une lettre pour Véra, une lettre qu’elle pourra conserver pour se souvenir de lui.
Encore une fois, Choplin, ne peut pas vous laisser indifférent. Le voyage de Gouri, sans plonger dans le mélo ou dans la propagande écolo mais avec pudeur et humanité restitue toute l’horreur de la catastrophe de Tchernobyl et le fatalisme des Ukrainiens qui n’ont eu pour seuls remèdes à leur infortune, que la musique, la solidarité et la vodka.
Alain G.
